On my personal French-language blog, I'm engaged in a "reading challenge" wherein I have to read 52 books a year and blog about them. The following is reproduced from that blog. Although my write-up is in French, the book itself is in English.
Guantanamo's Child: the Untold Story of Omar Khadr, Michelle Shephard, 2008
Hmmmmm... Bon. L'histoire d'Omar Khadr, c'est très important, surtout pour nous-autres Canadiens. Omar Khadr est un citoyen canadien et pakistanais, qui à l'âge de 15 ans, avait été engagé comme enfant-soldat en Afghanistan. Philosophiquement, il est possible de croire qu'un gars de 15 ans est d'âge à être soldat, mais la Convention de Genève a prescrit 16 ans comme l'âge minimum des soldats; donc, un enfant de 15 ans est un enfant-soldat et est censé être protégé par la Convention. Or donc, à l'âge de 15 ans, Omar Khadr a été appréhendé par des forces Etats-Uniennes après un combat qui opposait cinq ou six Afghans munis de grenades artisanales et planqués dans une maison en briques de boue séchée, à au moins 12 Etats-Uniens et deux F-18. Les Afghans ont été tués, et un des Etats-Uniens de même. Bin tiens, t'envahis quelqu'un, tu dois quand-même t'attendre à y perdre des gars.
Et bin non. Les Etats-Uniens ont décidé que de tuer un des leurs en auto-défense est un crime de guerre, et comme Omar était le seul survivant de l'autre côté, ça doit bien être sa faute – bien qu'il n'ait probablement pas lancé la grenade qui a tué le gars. Alors c'est bizarre, moi j'avais cru comprendre que le but de la guerre, justement, c'est de tuer les autres gars. Surtout quand ils envahissent ton pays, mais bon, vu que c'était pas non plus son pays à lui et qu'on se demande un peu ce qu'il y faisait, je laisse tomber cette partie de l'argument.
Toujours est-il qu'Omar a été incarcéré et torturé, d'abord à Bagram puis à Guantanamo. Jusque-là, il n'est pas le seul, car beaucoup d'adultes se sont aussi fait prendre dans la machine de propagande Etats-Unienne, grâce à laquelle, entre autres, George W. Bush a réussi à prétendre que l'Afghanistan ce n'est pas une guerre et que donc les prisonniers ne sont pas prisonniers de guerre et n'ont donc aucun des droits prescrits par la Convention, et que d'autre part, les gars qu'ils capturent lors de leurs opérations de non-guerre sur le territoire d'un pays souverain sont, eux, coupables de crimes de guerres selon la même Convention qui ne les protègerait pas. La différence entre Omar et les autres est que d'abord, Omar est un enfant – enfin il l'était – et deuxièmement, alors que tous les gouvernements civilisés ont fait tout ce qu'ils ont pu pour libérer leurs ressortissants, et y ont réussi, le gouvernement canadien n'a absolument rien fait pour Omar.
Après beaucoup d'arguments spécieux du gouvernement Etats-Uniens, selon lequel Omar n'avait le droit d'être représenté que par leurs propres sbires, deux avocats canadiens ont réussi à voir Omar et ont donc pu assurer plus ou moins une liaison avec sa famille et le public canadien. Pendant des années, Omar n'a même pas été chargé. D'ailleurs il n'existe pas de procédé pour le charger. Puis les charges ont été rejetées par la commission chargée de le juger. Dans les pays normaux, quand un tribunal rejette les charges, on est libre. Aux Etats, apparemment, le prosécuteur peut simplement inventer d'autres charges et recommencer. Enfin, après huit ans de détention sans procès, le gouvernement Etats-Unien a fini par le charger de tel et tel crime de guerre, parce qu'ils commencent à être très embarrassés par Guantanamo. Omar a plaidé coupable, bien qu'il n'ait eu aucun des droits qui lui sont garantis par la Convention, et bien que les charges soit fausses. Mais vu la mauvaise foi des Etats-Uniens, il ne pouvait pas risquer un procès. Il a donc été condamné à huit ans de prison. Bizarrement, alors qu'il avait déjà servi huit ans, on ne lui a pas donné de crédit pour « time already served. » Deuxièmement, les Etats sont maintenant très pressés de se débarrasser de lui, et avaient donc demandé au gouvernement canadien de le rapatrier. Alors que, je l'ai déjà dit, tous les autres gouvernements se sont battus pour libérer leurs ressortissants, le gouvernement de Stephen Harper a dit qu'on pourrait le rapatrier après qu'il ait fait encore un an de plus à Guantanamo. En plus des huit qu'il a déjà fait et qui sont tout ce qu'il est censé avoir à faire. Mais comme le gouvernement de Stephen Harper c'est tous des menteurs et des caves, maintenant qu'Omar a fait son année de plus, Vic Toews, le Ministre de la Vérité, refuse de le laisser rentrer, sous prétexte que « le danger qu'il pourrait poser aux Canadiens doit être évalué. »
Bon. Donc l'histoire d'Omar Khadr, c'est très intéressant. Mais une fois de plus, le livre sur Omar Khadr est décevant. C'est écrit par une journaliste, donc plein de détails biographiques pas intéressants sur des caractères périphériques, et pas assez d'information en profondeur sur, par exemple, les principes de loi qui auraient dû s'appliquer dans ce cas. Ce qu'on retient surtout de ce livre c'est la mauvaise foi absolument épique des gouvernements, par exemple quand le gouvernement des Etats-Unis déclare que le suicide de trois détenus à Guantanamo constitue « un acte de guerre asymétrique contre nous ». Faut le faire, quand-même.
La morale de tout ça, c'est que je ne recommande pas forcément le livre, mais si vous êtes Canadien, renseignez-vous, signez la pétition de Roméo Dallaire, et arrêtez un peu de voter pour les Cons.
Guantanamo's Child: the Untold Story of Omar Khadr, Michelle Shephard, 2008
Hmmmmm... Bon. L'histoire d'Omar Khadr, c'est très important, surtout pour nous-autres Canadiens. Omar Khadr est un citoyen canadien et pakistanais, qui à l'âge de 15 ans, avait été engagé comme enfant-soldat en Afghanistan. Philosophiquement, il est possible de croire qu'un gars de 15 ans est d'âge à être soldat, mais la Convention de Genève a prescrit 16 ans comme l'âge minimum des soldats; donc, un enfant de 15 ans est un enfant-soldat et est censé être protégé par la Convention. Or donc, à l'âge de 15 ans, Omar Khadr a été appréhendé par des forces Etats-Uniennes après un combat qui opposait cinq ou six Afghans munis de grenades artisanales et planqués dans une maison en briques de boue séchée, à au moins 12 Etats-Uniens et deux F-18. Les Afghans ont été tués, et un des Etats-Uniens de même. Bin tiens, t'envahis quelqu'un, tu dois quand-même t'attendre à y perdre des gars.
Et bin non. Les Etats-Uniens ont décidé que de tuer un des leurs en auto-défense est un crime de guerre, et comme Omar était le seul survivant de l'autre côté, ça doit bien être sa faute – bien qu'il n'ait probablement pas lancé la grenade qui a tué le gars. Alors c'est bizarre, moi j'avais cru comprendre que le but de la guerre, justement, c'est de tuer les autres gars. Surtout quand ils envahissent ton pays, mais bon, vu que c'était pas non plus son pays à lui et qu'on se demande un peu ce qu'il y faisait, je laisse tomber cette partie de l'argument.
Toujours est-il qu'Omar a été incarcéré et torturé, d'abord à Bagram puis à Guantanamo. Jusque-là, il n'est pas le seul, car beaucoup d'adultes se sont aussi fait prendre dans la machine de propagande Etats-Unienne, grâce à laquelle, entre autres, George W. Bush a réussi à prétendre que l'Afghanistan ce n'est pas une guerre et que donc les prisonniers ne sont pas prisonniers de guerre et n'ont donc aucun des droits prescrits par la Convention, et que d'autre part, les gars qu'ils capturent lors de leurs opérations de non-guerre sur le territoire d'un pays souverain sont, eux, coupables de crimes de guerres selon la même Convention qui ne les protègerait pas. La différence entre Omar et les autres est que d'abord, Omar est un enfant – enfin il l'était – et deuxièmement, alors que tous les gouvernements civilisés ont fait tout ce qu'ils ont pu pour libérer leurs ressortissants, et y ont réussi, le gouvernement canadien n'a absolument rien fait pour Omar.
Après beaucoup d'arguments spécieux du gouvernement Etats-Uniens, selon lequel Omar n'avait le droit d'être représenté que par leurs propres sbires, deux avocats canadiens ont réussi à voir Omar et ont donc pu assurer plus ou moins une liaison avec sa famille et le public canadien. Pendant des années, Omar n'a même pas été chargé. D'ailleurs il n'existe pas de procédé pour le charger. Puis les charges ont été rejetées par la commission chargée de le juger. Dans les pays normaux, quand un tribunal rejette les charges, on est libre. Aux Etats, apparemment, le prosécuteur peut simplement inventer d'autres charges et recommencer. Enfin, après huit ans de détention sans procès, le gouvernement Etats-Unien a fini par le charger de tel et tel crime de guerre, parce qu'ils commencent à être très embarrassés par Guantanamo. Omar a plaidé coupable, bien qu'il n'ait eu aucun des droits qui lui sont garantis par la Convention, et bien que les charges soit fausses. Mais vu la mauvaise foi des Etats-Uniens, il ne pouvait pas risquer un procès. Il a donc été condamné à huit ans de prison. Bizarrement, alors qu'il avait déjà servi huit ans, on ne lui a pas donné de crédit pour « time already served. » Deuxièmement, les Etats sont maintenant très pressés de se débarrasser de lui, et avaient donc demandé au gouvernement canadien de le rapatrier. Alors que, je l'ai déjà dit, tous les autres gouvernements se sont battus pour libérer leurs ressortissants, le gouvernement de Stephen Harper a dit qu'on pourrait le rapatrier après qu'il ait fait encore un an de plus à Guantanamo. En plus des huit qu'il a déjà fait et qui sont tout ce qu'il est censé avoir à faire. Mais comme le gouvernement de Stephen Harper c'est tous des menteurs et des caves, maintenant qu'Omar a fait son année de plus, Vic Toews, le Ministre de la Vérité, refuse de le laisser rentrer, sous prétexte que « le danger qu'il pourrait poser aux Canadiens doit être évalué. »
Bon. Donc l'histoire d'Omar Khadr, c'est très intéressant. Mais une fois de plus, le livre sur Omar Khadr est décevant. C'est écrit par une journaliste, donc plein de détails biographiques pas intéressants sur des caractères périphériques, et pas assez d'information en profondeur sur, par exemple, les principes de loi qui auraient dû s'appliquer dans ce cas. Ce qu'on retient surtout de ce livre c'est la mauvaise foi absolument épique des gouvernements, par exemple quand le gouvernement des Etats-Unis déclare que le suicide de trois détenus à Guantanamo constitue « un acte de guerre asymétrique contre nous ». Faut le faire, quand-même.
La morale de tout ça, c'est que je ne recommande pas forcément le livre, mais si vous êtes Canadien, renseignez-vous, signez la pétition de Roméo Dallaire, et arrêtez un peu de voter pour les Cons.
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