2010-12-12

C’est l’heure de jouer à “mensonges du gouvernement des TéNOs”!

Le deuxième mensonge que je voulais démystifier, c’est l’idée que dans les TéNOs, on est mieux payé qu’ailleurs. Preuve : le produit intérieur brut par habitant est $94.371, comparé à $45.292 pour l’ensemble du Canada. Génial, on est deux fois plus riches que tout le monde !

C’est prima fascie absurde. J’ai donc essayé de le comparer au coût de la vie. Ça fait deux jours que je cherche partout sur StatsCan et que je ne trouve rien. En fin de compte, j’ai découvert une note dans un rapport de RHDCC sur « le faible revenu au Canada selon la mesure du panier de consommation » :

Les données sur le revenu contenues dans ce rapport proviennent de l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu de Statistique Canada qui, à l'heure à actuelle, n'est pas administrée au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon. Par conséquent, Statistique Canada n'est actuellement pas en mesure de fournir des estimations fiables du revenu des habitants ou des composantes du panier de consommation de la MPC dans ces territoires. Il n'est donc pas possible de produire des données les concernant. Des travaux sont en cours à Statistique Canada et dans d'autres ministères fédéraux pour saisir des données fiables sur le revenu et les prix au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon.

C’est comme je vous le disais : même le gouvernement fédéral n’arrive pas à obtenir des données fiables de notre gouvernement.

Alors puisqu’il n’y a pas de statistiques fiables sur le coût de la vie dans les TéNOs, je vous donne quelques aperçus de mon épicerie.

  • 4 litres de lait – Calgary : $3,99, Hay River : $6,99

  • 1.7 kg de Nesquik – Calgary : $9,99, Hay River : $18,99

  • Croquettes du chien : pareil que le Nesquik

  • 1 litre d’essence – Calgary : $0,929, Hay River : $1,109

  • loyer pour une chambre meublée – Calgary : $525, Yellowknife : $800 (et encore, celle de Calgary est plus comfortable)

  • tarte aux cerises – Calgary : $4,29, Hay River : $6,29

  • fromage – tellement cher chez moi que j’en achète jamais

  • cookies – Hay River : $4,29 pour le paquet le moins cher, Calgary : $2,99 pour le paquet le plus cher
Pas très scientifique, mais si StatsCan n’y arrive pas, j’avais peu de chance.

Donc si tu penses venir faire ta marque, oui, ton salaire d’employé paresseux de la fonction publique va être 56% plus que la moyenne nationale, mais comme il n’y a pas moyen de savoir combien il te faudrait pour vivre, c’est pas forcément une bonne idée.

Puis pendant que j’y suis, j’ai découvert que les dépenses du gouvernement des TéNOs représentent 32% du PIB, et 31% des gens qui ont un emploi travaillent dans la fonction publique. (On peut pas vraiment les appeler des travailleurs, vu qu’ils font tout sauf ça.) La moyenne nationale, c’est 18% et 13%. Pas étonnant que notre économie soit un désastre.

2010-12-09

Les mensonges du gouvernment TéNOis

Reproduit de mon blog français.

Je pourrais faire un blog juste sur ça, remarquez, mais je vous en fait juste un rapide avant de me coucher.

Le gouvernment des TéNOs justifie sa campagne idiote de propagande, « viens faire ta marque », en nous disant qu’on manque de travailleurs. Preuve, selon eux : le taux de chômage est moins élevé chez nous que dans l’ensemble du Canada.

TéNOsCanada
Taux de participation72%67%
Taux de chômage6%8%
Taux d’emploi68%62%

Bon, vous me direz, ça a toujours l’air vrai. Sauf que remarquez, les données nationales viennent de StatsCan, le bureau de statistiques du gouvernement fédéral. On peut leur faire confiance. Plus ou moins. Les données territoriales viennent du gouvernement des TéNOs, qui ne sait même pas lire ses propres formulaires. Non seulement moi je ne leur fait pas confiance, mais StatsCan non plus : ils n’incluent pas les données de notre gouvernement dans leur rapports.

Donc ces nombres, c’est joli, sauf que les gens qui s’y connaissent en statistiques n’y croient pas vraiment. C’est déjà bien parti.

Deuxièmement, ça veut un peu rien dire pour une raison bien simple, qui est que quand on est chômeur dans les TéNOs, on s’en va. Qu’il s’agisse de travailleurs importés d’ailleurs ou de natifs du territoire, les travailleurs savent bien qu’ils ont peu de chance de retrouver le même travail dans une population si petite, surtout s’ils sont spécialisés. S’ils sont licenciés à cause de La Crise, les autres compagnies de leur secteur n’embauchent probablement pas non plus, et si c’est des problèmes avec l’employeur, ils auront vite fait le tour de tous les employeurs du coin, qui, vous avez pu le comprendre si vous suivez ce blog, sont tous plus sagouins les uns que les autres. Donc d’une façon ou d’une autre, les chômeurs s’en vont.

Alors de nous dire que le taux de chômage est plus bas chez nous, c’est pas complètement un mensonge, mais de là à essayer de nous faire croire qu’il y a des jobs, ils nous prennent vraiment pour des attardés mentaux. (Enfin le sentiment est mutuel, vous avez pu le constater.)

D’ailleurs la meilleure source pour tout ça, c’est le ministère des Ressources humaines et Développement des compétences, qui administre l’assurance-emploi. Dans les provinces, le RHDCC se sert du taux de chômage réel pour calculer les droits et les prestations. Dans les TéNOs, il utilise un taux imputé de 25%, donc trois fois la moyenne nationale. Pourquoi ? Parce que quoiqu’en dise le gouvernement territorial, les chances de retrouver du travail sont très mauvaises.

Un autre indice : dans le cadre de la campagne « viens faire ta marque », le gouvernement paie un laquais (importé du sud, bien entendu) pour se promener de ci de là aux frais du contribuable et écrire un blog incitant les autres sudiens à venir « faire leur marque ». Alors il interviewe des sudiens, qui font ce qu’ils font tous : ils se plaignent. Chaque fois qu’il visite une communauté je lui demande s’il y a trouvé a) des jobs et b) du logement. Pour le moment, pas de cigare, ni pour l’un ni pour l’autre. Et pourtant, je le répète, on le paye pour essayer de convaincre ses amis sudiens de venir chez nous.

C’est navrant.